Lumen
Les lumières de la vie
Les pâles quinquets de la vie
Ont éclairé mes
premiers pas
Et je disais d’un air ravi
Mes premiers mots ˝ maman, papa ˝
Puis vint l’ère de lumignon
Qui guida ma première
enfance
Et l’on disait : Qu’il est mignon
C’est tout son père à sa naissance
Avec la lampe et son pétrole
Tenue par ma main incertaine
Vinrent les premières paroles
Et je lus Renan, Hugo,
Taine…
C’est bien le fil d’incandescence
Eblouissant de sa
clarté
Qui poussa mon adolescence
Vers ses passions, vers ses fiertés
Enfin, mille néons brillèrent.
Malgré leurs feux, malgré leur nombre
Plus opaques que des œillères
Ils placèrent ma vie
dans l’ombre
Nous sommes aux feux de l’automne
Sur le chemin, un réverbère
Guide les pas d’un vieux bonhomme
D’un vieillard
qui ne s’aime guère
Mais si un jour sa lampe brille
Contre le mur ou la cloison
De la demeure de sa fille
Il se fera une
raison…
Alors, les forces obérées
Se sa passion, de sa
tendresse
Seront brusquement libérées
De cette intime forteresse,
La forteresse des secrets
Où
chacun enferme son âme
Et ce sera sans un regret
Que pourra s’éteindre… Sa flamme.
Jean Coutarel